Faire progresser la sensibilisation : le groupe de travail I=I du Réseau canadien des personnes séropositives et la lutte contre la stigmatisation liée au VIH

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Au Réseau canadien des personnes séropositives (RCPS), nous nous efforçons de venir à bout de la stigmatisation liée au VIH. Nous savons également que les personnes qui vivent avec le VIH représentent les plus puissantes sources d’inspiration du mouvement. C’est pourquoi notre groupe de travail I=I est dirigé par des personnes qui vivent avec le VIH, et se consacre à la diffusion de l’un des messages les plus percutants dans le domaine de la santé publique : indétectable = intransmissible. I=I signifie que lorsqu’une personne qui vit avec le VIH suit un traitement efficace et que sa charge virale est indétectable, elle ne peut pas transmettre le virus à ses partenaires sexuel·le·s. C’est un message dont la portée transforme les vies, démantèle la stigmatisation et redéfinit ce que c’est que de vivre avec le VIH aujourd’hui.

Les résultats d’un sondage récent, effectué en partenariat avec la société d’études de marché et de conseil en opinion publique Ipsos, nous offrent des aperçus frappants qui confirment qu’il est urgent de renforcer la sensibilisation et l’enseignement concernant le principe I=I au Canada. Ces résultats ont ravivé notre détermination à continuer à faire passer ce message, qui est porteur d’espoir, moyen d’autonomisation et levier de la suppression de la stigmatisation liée au VIH.

Comprendre la portée du message

Les résultats de notre sondage pancanadien révèlent une réalité préoccupante : alors que 86 % des Canadien·ne·s connaissent le VIH, seuls 20 % d’entre eux connaissent le principe I=I. Des millions de Canadien·ne·s ne sont donc pas informé·e·s de l’une des percées les plus décisives dans le domaine de la recherche scientifique sur le VIH. En outre, moins de 50 % de ceux qui connaissent le principe I=I comprennent les données scientifiques qui l’étayent. De tels constats mettent en évidence le besoin urgent d’une action de sensibilisation à grande échelle visant à dissiper les idées fausses concernant la transmission du virus. En particulier, 66 % des personnes interrogées estiment qu’une sensibilisation accrue au principe I=I pourrait avoir une influence positive sur les perceptions du public et contribuer à atténuer la stigmatisation associée au VIH.

Un appel pressant à l’action

Nous sommes à un moment décisif. Près de 91 % des personnes interrogées reconnaissent qu’il est important d’intégrer le message I=I dans les programmes d’éducation sexuelle au niveau secondaire, 61 % d’entre elles estimant qu’il s’agit d’une question de première importance. En faisant de ce message une priorité dans les programmes d’enseignement, nous pouvons former une génération qui non seulement comprend le VIH, mais aussi ce que c’est que de vivre avec ce virus aujourd’hui.

Dans les établissements de soins de santé, les conversations au sujet du VIH/sida sont encore limitées; seuls 10 % des personnes interrogées ont déclaré avoir abordé le principe I=I avec leurs prestataires de soins de santé. Il est donc indispensable de fournir aux professionnel·le·s de la santé les éléments d’information nécessaires pour faciliter ces discussions essentielles. En abordant le principe I=I avec leurs patient·e·s, les professionnel·le·s de la santé instaurent la confiance, apaisent les craintes et favorisent l’observance du traitement.

Le rôle des bailleurs de fonds et des organismes communautaires

Pour relever ces défis avec succès, nous invitons nos bailleurs de fonds et les organismes partenaires du secteur du VIH à plaider avec nous en faveur d’une campagne nationale de sensibilisation du public consacrée à la promotion du message I=I. Une telle campagne permettrait non seulement de mieux informer le public, mais aussi de réduire activement la stigmatisation liée au VIH, laquelle a un impact considérable sur la santé publique en faisant obstacle au dépistage et au traitement.

Les organismes communautaires sont des acteurs essentiels lorsqu’il s’agit de combler le fossé qui sépare la connaissance de l’action. Il est donc indispensable qu’ils reçoivent le soutien nécessaire pour mener des initiatives locales qui favorisent la compréhension et l’acceptation.

Agissons ensemble

La voie à suivre est bien tracée. Nos constatations mettent en évidence la nécessité urgente de faire évoluer la compréhension et l’acceptation en matière de VIH en renforçant la portée du principe I=I. Il est temps d’agir avec détermination, de faire de la sensibilisation au principe I=I une priorité dans les écoles, de mobiliser les prestataires de soins de santé et de lancer une campagne nationale de sensibilisation du public qui trouve un écho auprès de tou·te·s les Canadien·ne·s.

Transformons la prise de conscience en action. Ensemble, nous pouvons édifier une société informée où les personnes vivant avec le VIH sont en mesure de s’épanouir, libérées du fardeau de la stigmatisation et rendues plus autonomes par la connaissance du principe I=I. Nous invitons tou·te·s les Canadien·ne·s à faire passer ce message, à soutenir les initiatives locales et à veiller à ce que chaque communauté fasse sienne la force transformatrice du principe I=I. Un avenir en meilleure santé commence par le savoir et la prise de conscience.

 

Breklyn Bertozzi est directrice générale de la Société canadienne du sida et a été directrice générale du Réseau canadien des personnes séropositives jusqu’en 2025.

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