Explorer de nouvelles recommandations sur l’utilisation de la doxy-PPE
Vous avez peut-être entendu parler de la doxy-PPE, qui signifie prophylaxie post-exposition à la doxycycline. Cela implique de prendre un antibiotique appelé doxycycline après avoir eu des relations sexuelles sans condom. Cela peut aider à prévenir certaines infections bactériennes transmissibles sexuellement (ITS), telles que la chlamydiose (infection à Chlamydia), la syphilis et potentiellement la gonorrhée. Cette stratégie de prévention est relativement nouvelle, mais elle attire de plus en plus l’attention à travers le pays comme une autre façon d’aider à réduire les taux élevés d’ITS.
Bien que l’intérêt d’avoir recours à la doxy-PPE soit croissant, il n’existe pas de norme internationale quant à son utilisation. Cela a incité l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) à publier des recommandations donnant aux professionnel·le·s de la santé des conseils pour faciliter les discussions concernant la doxy-PPE pour la prévention des ITS.
Recommandation no 1 : Les professionnel·le·s de la santé peuvent envisager d’offrir la doxy-PPE aux hommes cisgenres gais, bisexuels et autres hommes cisgenres ayant des relations sexuelles avec des hommes (gbHARSAH) et aux femmes transgenres à risque élevé d’ITS bactériennes.
La doxy-PPE peut être considérée comme un composant des services complets en matière d’ITS pour contribuer à prévenir la syphilis, la chlamydiose (infection à Chlamydia) et potentiellement la gonorrhée. Les professionnel·le·s de la santé et leurs patient·e·s devraient discuter de la décision d’utiliser la doxy-PPE, en veillant à tenir compte de la situation, des valeurs et des préférences du ou de la patient·e.
Des études de recherche ont montré que la doxy-PPE fonctionne très bien pour prévenir la syphilis et la chlamydiose chez les hommes gbHARSAH cis et les femmes trans. Cependant, l’efficacité de la doxy-PPE dans la prévention de la gonorrhée n’est pas aussi claire. À mesure que d’autres études sont menées dans d’autres populations, l’ASPC continuera d’examiner les données probantes; les recommandations futures pourraient inclure des conseils pour d’autres adultes et adolescent·e·s qui ne font pas partie de ces communautés.
Recommandation no 2 : Les professionnel·le·s de la santé devraient discuter des risques de résistance aux antibiotiques avec leurs patient·e·s au moment de décider d’utiliser la doxy-PPE.
La résistance aux antibiotiques se produit lorsque les bactéries mutent après une exposition répétée aux antibiotiques. Ces changements rendent les antibiotiques moins efficaces ou pas efficaces du tout. En conséquence, les infections deviennent plus difficiles à traiter. Nous n’avons pas fini d’apprendre comment la doxy-PPE affecte la résistance aux antibiotiques. L’utilisation de la doxy-PPE pourrait entraîner une résistance aux antibiotiques chez les bactéries causant les ITS et d’autres organismes. Cela signifie que nous pourrions ne pas être en mesure d’utiliser la doxycycline pour les ITS bactériennes ou d’autres infections possiblement.
Au Canada, il est peu probable que la doxy-PPE soit très efficace contre la gonorrhée, ou qu’elle ne le soit pendant longtemps. Cela tient au fait que la gonorrhée a déjà une résistance à la doxycycline et que son utilisation accrue augmentera cette résistance. L’utilisation de la doxy-PPE peut entraîner l’apparition d’une résistance des bactéries à d’autres antibiotiques. C’est une préoccupation importante pour la gonorrhée, car il y a déjà très peu de traitements qui fonctionnent pour cette infection.
Les professionnel·le·s de la santé devraient expliquer ces risques lorsqu’ils et elles aident les patient·e·s à décider de leur recours à la doxy-PPE.
La doxy-PPE dans le cadre d’une prévention complète des ITS
La doxy-PPE est un outil additionnel dans la panoplie de stratégies de prévention des ITS au Canada. Le fait d’avoir plusieurs stratégies permet de s’assurer que les lacunes laissées par une approche donnée sont comblées par une autre. Cela permet de créer une réponse plus résiliente et complète aux ITS. Bien que certaines stratégies soient universelles, comme l’utilisation régulière et correcte d’une barrière protectrice, comme les condoms, d’autres dépendent de différentes circonstances. Par exemple, l’ASPC recommande également des tests plus fréquents de dépistage de la syphilis pour les personnes appartenant à des groupes ayant des taux d’infection élevés.
En fin de compte, les nouvelles directives représentent une avancée importante. Elles fournissent aux professionnel·le·s de la santé et aux communautés un cadre pour l’utilisation de la doxy-PPE, tout en tenant compte des avantages et des risques. Bien qu’elle ne soit peut-être pas le bon choix pour tout le monde, la doxy-PPE est une autre méthode afin de contribuer à réduire les ITS bactériennes au Canada.
Pour en savoir plus sur la doxy-PPE et d’autres stratégies de prévention des ITS, visitez Canada.ca/ITSS et catie.ca.
