CATIE rend hommage aux chercheurs qui ont reçu le prix Nobel pour la découverte de l’hépatite C

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La communauté de l’hépatite C a appris une excellente nouvelle dès son réveil le matin du 5 octobre 2020. En effet, une avalanche de gazouillis, de textos et de courriels répandait la nouvelle selon laquelle le prix Nobel de 2020 de physiologie ou de médecine avait été décerné aux Dr Michael Houghton (Université de l’Alberta, Réseau canadien sur l’hépatite C), Dr Harvey J. Alter (National Institutes of Health des États-Unis) et Dr Charles M. Rice (Université Rockefeller) pour leurs rôles dans la découverte du virus de l’hépatite C.

Ce prix met en lumière l’incroyable impact que ces chercheurs remarquables ont eu sur l’avancement de la recherche et des soins liés à l’hépatite C. Leurs travaux novateurs ont jeté les bases d’un domaine qui s’est révélé dynamique et en évolution rapide. De la découverte du virus à la mise au point d’un traitement efficace, les 30 dernières années ont vu une nette amélioration du dépistage et du traitement de l’hépatite C. Bien qu’il reste du travail à faire, il est important de reconnaître ce progrès de la médecine et de revenir sur l’historique de l’hépatite C jusqu’à ce jour.

Jalons de la recherche sur l’hépatite C – Un bref rappel

On peut maintenant guérir l’hépatite, mais ce ne fut pas toujours le cas. Les circonstances dans lesquelles s’inscrivent notre compréhension de l’hépatite C et notre objectif d’élimination ont évolué rapidement. Depuis la découverte historique du virus en 1989, le paysage du traitement de l’hépatite C a nettement changé au cours des 30 dernières années.

  • 1975 : L’hépatite C est décrite initialement comme une « hépatite non A, non B », une maladie causée par un virus inconnu transmissible par le sang ou par des produits sanguins (lors de transfusions).
  • 1989 : Quatorze ans plus tard, une percée : le virus est découvert grâce aux efforts conjoints des Drs Houghton, Alter et Rice et de leurs collègues, et reçoit le nom de « virus de l’hépatite C » ou VHC.
  • 1991 : L’hépatite C devient une maladie à déclaration obligatoire au Canada et la première option de traitement (interféron alpha) est approuvée.
  • 1992 : La mise au point d’un test de dépistage plus sensible permet de détecter le VHC dans les dons de sang, ce qui élimine la transmission de l’hépatite C par l’approvisionnement en sang au Canada.
  • 1999 : Santé Canada approuve la première association d’interféron alpha et de ribavirine pour le traitement de l’hépatite C. Même s’il s’agit d’un pas en avant, cette forme de traitement n’est pas parfaite. En effet, le traitement par interféron repose sur une série d’injections hebdomadaires pendant un an, ce qui signifie suivre un traitement éprouvant sur une longue période. De plus, le traitement entraîne de nombreux effets secondaires (y compris des symptômes de type grippal) et ne guérit qu’environ 40 % des personnes qui le suivent.
  • 2003 : Les premières études cliniques portant sur un inhibiteur de la protéase du VHC sont menées à Montréal, au Canada.
  • 2010 : Le 28 juillet est approuvé par l’Organisation mondiale de la Santé comme la Journée mondiale contre l’hépatite.
  • 2011 : Deux nouveaux médicaments sont approuvés pour traiter l’hépatite C de génotype 1. Bientôt connus sous le nom d’antiviraux à action directe ou « AAD », ces traitements ciblent directement le virus et bloquent sa capacité à se répliquer.
  • 2014 à 2017 : Santé Canada approuve de nouveaux médicaments et de nouvelles associations de médicaments. L’approbation du sofosbuvir et de Harvoni en 2015 procure pour la première fois un accès général à des schémas thérapeutiques sans interféron au pays. Les nouveaux traitements sont efficaces à 95 % dans tous les groupes de patients, sont de plus courte durée, mieux tolérés et pris par voie orale.
  • 2016 : En signant la Stratégie mondiale du secteur de la santé contre l’hépatite virale de l’Organisation mondiale de la Santé, le Canada s’engage à participer à l’effort mondial visant à éliminer l’hépatite C en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030.
  • 2017 : Santé Canada approuve l’utilisation et la vente d’un test de dépistage des anticorps contre l’hépatite C au point de service et on met fin à l’utilisation au pays du peg-interféron pour le traitement de l’hépatite C.
  • 2018 : Amélioration considérable de l’accès au traitement. Avant 2018, l’accès aux traitements et le remboursement de ces derniers au Canada étaient déterminés en fonction de l’importance des lésions ou des dommages au foie. Ces restrictions sont levées par tous les gouvernements afin d’accroître l’accès, ce qui modifie le paysage du traitement.
  • 2019 : Le Réseau canadien sur l’hépatite C (CanHepC) publie le Modèle directeur pour guider les efforts d’élimination de l’hépatite C au Canada.
  • 2020 : Le prix Nobel de 2020 de physiologie ou de médecine est décerné conjointement aux DrsMichael Houghton, Harvey J. Alter et Charles M. Rice, pour leur rôle dans la découverte du virus de l’hépatite C.

Vous pouvez voir un bref historique de l’hépatite C ici.

Ce qui se profile à l’horizon

En 2011, on estimait que 44 % des personnes vivant avec une hépatite C chronique au Canada n’avaient pas reçu de diagnostic. La guérison de l’hépatite C présente d’importants bienfaits pour la santé et réduit la mortalité, mais de nombreuses personnes atteintes d’hépatite C chronique au Canada n’ont toujours pas reçu de diagnostic ni de traitement.

Grâce aux outils dont nous disposons pour éliminer l’hépatite C, les efforts pour éliminer le virus sont passés de la recherche d’un remède à l’amélioration des services de prévention, à l’augmentation du dépistage et à l’arrimage des personnes atteintes aux traitements et aux soins continus.

Le Modèle directeur pour guider les efforts d’élimination de l’hépatite C au Canada fournit un cadre et une voie à suivre. Alors que nous visons l’élimination d’ici 2030, les dix prochaines années seront assurément riches en obstacles, en innovations et en nouvelles données. Ces enseignements peuvent constituer de nouveaux jalons sur la voie de l’élimination.

Shannon Elliot est la spécialiste en connaissances sur l’hépatite C de CATIE.

Image de © Nobel Media

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